L’épandage de trichogramme par drone pour lutter contre la pyrale du maïs

Fabricant français d’équipements pour drone, Skyinnov vous présente dans cet article les avantages de la lutte biologique contre la pyrale du maïs par voie aérienne, via la diffusion de capsules de trichogrammes, ennemi naturel de la pyrale.

1. La pyrale : ravageur du maïs

Importée d’Asie accidentellement au début des années 2000, avec les échanges internationaux de végétaux, la pyrale est une espèce de papillon (lépidoptère) dont les larves, sous forme de chenilles, raffolent particulièrement des maïs, mais également des buis, tournesol, houblon, chanvre…

Très voraces, les chenilles dévorent les feuilles très rapidement et causent ainsi des dégâts considérables dans les cultures. La pyrale creusent également des galeries dans les tiges de maïs fragilisant les pieds et favorisant également l’apparition d’autres maladies, champignons…

Détectée plus récemment aux alentours de 2010, la pyrale du buis fait également des dégâts considérables dans les parcs et jardins, en l’absence de prédateur naturel, de part sa récente apparition. il est facile de reconnaître un buis infecté : les feuilles sont découpées et on retrouve des traces de soie (comme des toiles d’araignées). En vous approchant des feuilles, vous verrez rapidement de nombreuses petites chenilles à tête noire très reconnaissables.

Dès lors que l’on observe l’apparition de la pyrale dans les cultures, quels sont les moyens de lutte contre ce ravageur ? 

2. Les moyens de lutte contre la pyrale du maïs

Nous l’avons évoqué, la pyrale est un insecte de la famille des papillons, qui passe donc par plusieurs états larvaires (œuf, larve, chenille, papillon…). Les moyens de lutte seront à adapter selon le stade larvaire et bien entendu à l’étendue des cultures à traiter. Concernant les buis, chez un particulier ou dans un parc, il sera préférable d’utiliser une pulvérisation ciblée de bacille de Thuringe, un moyen naturel très efficace.

Ici, nous nous intéresserons plus particulièrement aux moyens de lutte contre la pyrale du maïs, dans l’agriculture. Nous pouvons distinguer 3 grands moyens de lutte contre la pyrale du maïs : 

  • Le maïs génétiquement modifié (OGM)
  • Le traitement chimique (phytosanitaire)
  • Le traitement biologique

Les OGM consistent à créer des variétés de maïs génétiquement modifié pour le rendre plus résistant aux prédateurs ou aux champignons. Cette solution a l’avantage de limiter, voire de proscrire l’utilisation de produits chimiques sur les cultures et ainsi limiter l’impact environnemental et les coûts de traitement malgré une semence environ 15% plus onéreuse. On parle alors de variété de maïs Bt, autorisé en France depuis les années 2000. Il y a toutefois un risque que les insectes développent une capacité de résistance aux OGM et on peut s’interroger sur leur efficacité à long terme. 

Le traitement chimique des parcelles de maïs consiste en l’usage d’insecticides (pyréthrinoïdes) dont les effets sur la santé de la faune et sur l’homme sont de plus en plus décriés. 

Il existe enfin une solution écologique tout aussi efficace que les traitements chimiques. Cette solution consiste à utiliser un prédateur naturel bien identifié de la pyrale : le trichogramme auquel nous allons nous intéresser plus particulièrement.

3. Le trichogramme, prédateur naturel de la pyrale du maïs

A moins d’être au sommet de la chaîne alimentaire, face à tout être vivant coexiste un prédateur. Fort heureusement, c’est également le cas pour la pyrale du maïs. Certains oiseaux ou chauve-souris se nourrissent de cet insecte mais il paraît compliqué d’exploiter ces prédateurs dans l’agriculture. Cependant, il existe une guêpe microscopique dont la femelle a la bonne idée de pondre dans les œufs de la pyrale, qui en se développant tueront leur hôte afin de s’en nourrir. Le malheur des uns fait le bonheur des autres et surtout celui des cultivateurs de maïs 🙂

Cet insecte minuscule, inférieur à 1 millimètre, s’appelle le trichogramme. (genre trichogramma). 

Le trichogramme est un parasitoïde oophage. C’est cette caractéristique qui sera exploitée dans la lutte contre la pyrale du maïs, technique mise au point dans les années 1970. En effet, cette technique consiste à tuer dans l’œuf la pyrale grâce à l’utilisation en masse de larves de trichogrammes dont les femelles viendront pondre directement dans les œufs de la pyrale. Ces larves tueront leur hôte pour s’en nourrir et se développer. Précisons également que le trichogramme est sans danger pour les humains ni les autres espèces de la faune.

Comment alors utiliser efficacement le trichogramme contre la pyrale du maïs dans l’agriculture moderne ?

4. L’usage du trichogramme dans l’agriculture moderne

L’usage du trichogramme contre la pyrale du maïs est la technique biologique la plus utilisée en France dans l’agriculture avec plus de 125 000 hectares traités chaque année, soit plus d’¼ de la surface totale. Très efficace, cette technique nécessite néanmoins une parfaite maîtrise que des recherches portées par l’INRA dans les années 1970 puis par des divers organismes tels que INVIVO, ARVALIS, les chambres d‘agriculture… ont perfectionné. 

En effet, “produire” du trichogramme, donc un être vivant, n’est pas aussi simple que de fabriquer des produits chimiques. Différentes techniques ont permis de stocker le trichogramme dans un hôte de substitution (œufs de teigne de farine) puis de bloquer le processus de développement du parasite à un certain stade, afin de le maintenir durant 9 mois, pour l’utiliser au printemps dans les champs de maïs. 

Afin d’optimiser l’efficacité du traitement, on mélange les trichogrammes à divers stade de développement pour lutter contre la pyrale du maïs à tous ces stades d’évolution. L’objectif étant de détruire les œufs au fur et à mesure avant qu’ils n’éclosent.

Enfin, il est nécessaire de répandre les larves de trichogramme au moment propice, c’est-à-dire lorsque les premières pontes de pyrales ont lieu. Il s’agit alors d’effectuer une surveillance accrue des cultures par région pour déterminer le moment idéal. Il s’agira alors pour l’agriculteur d’intervenir rapidement et massivement pour traiter ses parcelles efficacement. Plusieurs méthodes sont alors disponibles pour diffuser les trichogrammes dans les champs. Il peut s’agir de méthode manuelle où il sera nécessaire de parcourir les champs à pied puis de déposer à distance fixe des plaquettes de trichogrammes. Avec des parcelles pouvant atteindre plusieurs dizaines d’hectares, il paraît difficile de traiter efficacement manuellement. Il existe alors des méthodes mécaniques qui consistent à déposer à distance fixe automatiquement des capsules contenant des larves de trichogrammes. Plusieurs types d’engins motorisés permettent de parcourir les champs mais ils peuvent endommager en partie les récoltes ou être gênés par l’état des sols ou les systèmes d’irrigation.

L’avènement du drone va permettre de répondre efficacement à ses enjeux : couvrir de larges distances rapidement sans endommager les cultures en diffusant les capsules avec une grande précision.

5. L’épandage de trichogramme par drone

L’épandage aérien de trichogramme nécessite la fabrication de capsules biologiques (cellulose, amidon…) perforées contenant plusieurs centaines de larves femelles de trichogrammes, qui viendront pondre dans les œufs de la pyrale du maïs. Ces capsules seront larguées à distance fixe depuis les airs via un drone spécialement équipé à cet effet. La durée de vie des larves étant d’environ 7 à 8 jours, il est nécessaire d’agir rapidement. Le drone s’avère alors être un outil extrêmement efficace pour remplir cet objectif.

Découvrez en vidéo le principe de fonctionnement du largage de trichogrammes par drone, effectué par la société AEROVISION en Alsace : 

https://www.youtube.com/watch?v=JzFdGWYpvXQ&ab_channel=AEROVISIONSAS

Le drone permet de couvrir 1 hectare en à peine 2 minutes, en larguant une capsule (tous les 10 mètres) ! De plus, faire voler un drone s’avère beaucoup moins contraignant et coûteux que d’autres engins motorisés tels que l’hélicoptère ou l’avion. En effet, le drone vole à quelques mètres au-dessus des parcelles et peut ainsi larguer les capsules avec une très grande précision. 

Afin d’accompagner les experts de l’épandage aérien par drone, le fabricant français Skyinnov met au point des épandeurs de capsules de trichogrammes par drone, de nouvelle génération. Contrôlés électroniquement, ces épandeurs sont d’une grande fiabilité. Programmez votre drone selon chaque parcelle, réglez la vitesse d’épandage et laissez le drone agir. Nous vous présenterons plus en détail ces épandeurs dans un prochain article.

epandeur trichogramme drone  

L’usage du drone dans l’agriculture moderne est une évidence tant il apporte de nouvelles solutions économiques, fiables et efficaces. Le largage des trichogrammes en est le parfait exemple en alliant l’usage de solutions écologiques dans le traitement d’un nuisible avec des technologies de pointe pour garantir productivité et intégrité des parcelles. Nul doute que l’usage du drone dans l’agriculture va s’accélérer dans les années à venir. 

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